Compte personnel de formation : la piste d’un reste à charge pour les salariés

money, card, business

Victime de son succès, la réforme de la formation et de l’apprentissage est en manque de recettes. Les bénéficiaires pourraient passer à la caisse.

Le système qui finance la réforme de la formation et de l’apprentissage est en manque d’argent. Selon de informations du Parisien, il présenterait à la fin de l’année 2021 un « trou » de trois milliards d’euros, sur les douze milliards consommés. Nos confrères ont eu accès à ces données dévoilées par l’opérateur de l’État qui gère le compte personnel de formation (CPF), France Compétences. Or, cette réforme, bien qu’elle soit plébiscitée, n’est pas « soutenable » sur le plan financier.

Comme le rappelle Le Parisien, en 2019, le ministre du Budget de l’époque, Gérald Darmanin, avait missionné la ministre du Travail (Muriel Pénicaud) afin d’évaluer « la soutenabilité financière du système de l’alternance et de la formation professionnelle ». Dans le rapport rendu, un manque de près de cinq milliards d’euros avait été évoqué sur la période 2020-2023. Or, avec la crise de Covid-19, ce chiffre a été revu à la hausse, et au lieu d’un « trou » de cinq milliards, ce sont pratiquement dix milliards qu’il manquerait, soit plus de trois milliards par an.

Un « ticket modérateur »

Côté patronal, pour renflouer les caisses, on plaiderait pour un dispositif mis en avant par le rapport de l’IGF-IGAS, à savoir un « ticket modérateur ». Cela consiste à laisser obligatoirement un reste à charge pour le salarié qui utilise son CPF pour financer une formation. Selon le Parisien, un reste à charge de 50 euros est évoqué. Comme le CPF a été plébiscité pendant cette crise sanitaire, cela pourrait amener des rentrées d’argent, mais certains pointent déjà du doigt des effets « peu payants à court terme ».

Le rapport de l’IGF-IGAS préconiserait surtout une baisse de 3% par an (pendant quatre ans) du niveau moyen de prise en charge des contrats d’apprentissage. Son plafond passerait ainsi de 8.000 à 6.000 euros, mais le patronat s’y refuse catégoriquement. Du côté du syndicat Force ouvrière (FO), interrogé par le Parisien, on plaide pour une augmentation de la « cotisation patronale ». Du côté de la CFE-CGC, on estime que la situation est dans une impasse, alors que des signaux d’alerte avaient été émis.

Un chantier de plus pour le gouvernement, et notamment pour Jean Castex, qui doit suivre le dossier tous les six mois à compter du mois d’octobre. S’il devait être abordé mi-mars lors de la conférence sociale, les partenaires sociaux l’ont fait retirer de l’ordre du jour, indique Le Parisien. Fort de son succès, le CPF doit permettre de former un million de demandeurs d’emploi et un autre million de jeunes d’ici 2022. « Pas question donc de casser la dynamique », met en avant le ministère du Travail. Des discussions devraient commencer avec les partenaires sociaux d’ici l’été.

Je veux me former

J'ai besoin d'être conseillé d'urgence

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.